GUIDES ET FORMATION

L'analyse de déclaration SCAN : ce que c'est, ce que ce n'est pas, et la règle des pistes plutôt que des verdicts

SCAN — Scientific Content Analysis — est une méthode d'examen du langage d'une déclaration écrite visant à repérer les endroits qui méritent des questions. Elle compte des partisans passionnés et des critiques sérieux, et les deux ont raison sur certains points. Ce guide explique ce qu'est réellement SCAN, ce qu'elle peut et ne peut pas faire, et la règle unique qui la garde utile plutôt que dangereuse : elle produit des pistes, pas des verdicts.

6 min de lecture

Ce qu'est SCAN

SCAN est une technique, mise au point par Avinoam Sapir, pour analyser le récit écrit qu'une personne fait elle-même d'un événement. L'idée centrale est que la manière dont quelqu'un raconte son histoire — les mots qu'il choisit, ce qu'il inclut, ce qu'il omet, les endroits où il change de temps de verbe ou de pronom — peut pointer vers des parties du récit qui méritent une attention plus soutenue.

La méthode demande à la personne visée d'écrire un récit complet et ininterrompu dans ses propres mots, puis examine le texte à la recherche d'un ensemble de traits linguistiques, ou « marqueurs ». Point crucial : elle travaille sur le propre langage de la personne, pas sur des questions que vous lui posez — la théorie étant que des choix de mots spontanés en révèlent davantage que des réponses à des questions suggestives.

Ce que les marqueurs signalent réellement

Les praticiens de SCAN examinent des traits comme ceux-ci :

  • Les changements de pronom. Laisser tomber le « je », ou passer du « nous » au « je » (ou l'inverse), peut marquer un changement d'engagement ou de relation à un point précis du récit.
  • Les glissements de temps de verbe. Passer du passé au présent en décrivant un événement passé est considéré comme digne de mention — cela accompagne parfois des parties d'une histoire qui n'ont pas réellement été vécues telles que décrites.
  • Le temps manquant ou « sauté ». Des formules comme « plus tard », « après ça », « la chose suivante dont je me souviens » peuvent comprimer ou enjamber une période que la personne préférerait ne pas détailler.
  • Les connecteurs superflus. Des mots comme « puis », « ensuite », « alors » apparaissent parfois là où le temps a été sauté.
  • Les changements dans la façon de désigner les personnes ou les objets. Une épouse qui devient « cette femme », une auto qui devient « le véhicule » — les changements de désignation peuvent marquer des changements dans la position de la personne.
  • Les corrections spontanées, précautions et atténuations. « Pour être honnête », « autant que je me souvienne », les autocorrections en pleine phrase.
  • L'endroit où le récit place son détail. Les déclarations ont souvent une structure déséquilibrée — beaucoup de détails sur ce qui précède, très peu sur l'événement lui-même, puis une longue conclusion étirée.

Chacun de ces traits est un marqueur : un endroit du texte qui ressort et qui peut mériter une question. Aucun d'eux, à lui seul, n'a une signification concluante.

Ce que SCAN n'est PAS

C'est la partie sur laquelle les praticiens intègres sont clairs, et celle sur laquelle les critiques martèlent avec raison :

SCAN n'est pas un détecteur de mensonges. Aucun marqueur linguistique ne distingue de façon fiable la vérité de la tromperie. La recherche évaluée par les pairs sur l'exactitude de SCAN est, au mieux, mitigée, et plusieurs études concluent qu'elle ne fait pas mieux que le hasard pour classer les déclarations comme véridiques ou trompeuses. Quiconque vend SCAN comme un moyen de savoir si quelqu'un ment en exagère la valeur.

Un marqueur n'est pas un constat. Chaque marqueur, sans exception, a une explication innocente. Les gens laissent tomber des pronoms parce que c'est leur façon de parler. Les gens changent de temps de verbe parce qu'ils revivent quelque chose intensément. Les gens sautent du temps parce que rien ne s'est passé, ou parce qu'ils sont gênés par quelque chose sans rapport, ou parce qu'ils écrivent mal. Traiter un marqueur comme une preuve de tromperie est l'erreur capitale.

Elle fonctionne mal sur la parole, les traductions ou les textes fortement retouchés. SCAN est conçue pour les mots propres d'une personne, écrits librement. Appliquez-la à une transcription tapée par quelqu'un d'autre, à une déclaration traduite ou à un récit poli par un avocat, et les « marqueurs » risquent d'être des artéfacts du processus, pas de la personne.

La règle qui la rend sûre : des pistes, pas des verdicts

Utilisée honnêtement, SCAN n'est pas une machine à vérité — c'est un outil qui dirige l'attention. Sa vraie valeur est de vous pointer vers les parties précises d'une longue déclaration qui méritent d'être sondées, pour que vous n'ayez pas à mener l'entrevue à l'aveugle. Le marqueur ne vous donne pas la réponse; il vous dit où poser la question.

La démarche disciplinée est donc la suivante :

  1. Obtenez une déclaration propre, écrite librement.
  2. Notez les marqueurs — les endroits où le langage ressort.
  3. Pour chaque marqueur, écrivez l'explication innocente autant que l'explication suspecte.
  4. Transformez le marqueur en question, pas en conclusion : « Vous avez écrit “plus tard je suis rentré chez moi” — décrivez-moi exactement ce qui s'est passé entre votre départ du bureau et votre arrivée à la maison. »
  5. Laissez les réponses, et les autres éléments de preuve, trancher.

Le produit d'une passe SCAN devrait être un plan d'entrevue, pas une accusation. C'est la règle des pistes plutôt que des verdicts, et c'est ce qui sépare l'analyse de déclaration responsable de la pseudoscience.

Comment la garder crédible

Si vous utilisez SCAN, utilisez-la comme un intrant parmi d'autres et jamais comme fondement d'une décision à elle seule. N'écrivez jamais dans un rapport que « l'analyse de la déclaration montre que la personne visée a été trompeuse » — cette affirmation n'est pas soutenable et elle sera démolie. Écrivez plutôt que « la déclaration présentait les traits suivants, qui ont été explorés en entrevue », et laissez l'entrevue et la preuve corroborante porter le poids. Ancrez chaque conclusion dans des faits que vous pouvez montrer, pas dans des intuitions linguistiques.

Où SCAN s'insère parmi le reste

L'analyse de déclaration est la plus puissante quand elle alimente le reste de l'enquête plutôt que de se suffire à elle-même. Les marqueurs vous disent quoi demander; les réponses d'entrevue sont testées contre la chronologie; la chronologie est testée contre les documents. SCAN est le premier filtre, pas le verdict. Un guide distinct traite de la construction de l'entrevue autour de ce que l'analyse fait ressortir.

Faire une passe SCAN sans des mois de formation

Lire une déclaration à la recherche de marqueurs à la main exige de la formation et du temps, et il est facile soit de manquer des traits, soit de les surinterpréter. L'outil SCAN de Conectir annote une déclaration, dresse la liste des traits qu'il a trouvés et — c'est important — rattache une alternative innocente à chaque marqueur, puis les transforme en questions d'entrevue suggérées. Il ne rend jamais un verdict de tromperie; il produit les pistes et le plan d'entrevue et vous laisse le jugement. Cette retenue intégrée est justement le but. Si l'analyse de déclaration fait partie de votre travail, voyez comment l'outil SCAN traite une déclaration.

Voyez comment la fonction analyse de déclaration SCAN de Conectir gère cela sur un vrai dossier — des pistes à vérifier, jamais un verdict.

Foire aux questions

Qu'est-ce que SCAN (Scientific Content Analysis)?

C'est une méthode d'analyse de la déclaration écrite d'une personne visant à repérer des traits linguistiques — changements de pronom et de temps de verbe, temps manquant, changements dans la façon de désigner les personnes — qui marquent les parties du récit méritant d'être explorées davantage.

SCAN peut-elle détecter les mensonges?

Non. Aucun marqueur linguistique ne distingue de façon fiable la vérité de la tromperie, et la recherche sur l'exactitude de SCAN est au mieux mitigée. Elle devrait servir à diriger l'attention et à générer des questions, pas à juger de la véracité.

Que sont les marqueurs SCAN?

Des points d'une déclaration où le langage ressort — pronoms omis, glissements de temps de verbe, temps sauté, connecteurs inhabituels, changements de désignation, précautions et autocorrections. Chacun est un endroit qui peut mériter une question, pas une preuve de quoi que ce soit à lui seul.

Un marqueur signifie-t-il que la personne ment?

Non. Chaque marqueur a une explication innocente — des habitudes naturelles de langage, un souvenir vif, une écriture maladroite, ou une gêne liée à quelque chose sans rapport. Un marqueur devrait devenir une question de suivi, jamais une conclusion.

Comment utiliser SCAN de façon responsable?

Comme un intrant parmi d'autres qui oriente votre entrevue. Ne fondez jamais une décision sur elle seule, n'écrivez jamais dans un rapport que l'analyse a « montré de la tromperie », et jumelez toujours chaque marqueur à son explication innocente avant d'en faire une question.

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